LES INDIENS

INTRO

Depuis longtemps cette idée remplissait dans ma tête la case " projets " déjà pourtant bien encombrée. L'espace temps cannibalisé par les Open 60 et les AC 20, il n'y avait plus de place pour mon fil rouge, les personnages animés dans le monde du modélisme naval.
J'ai donc profité d'un creux salutaire pour relancer la mécanique et ce ne sont pas les Indiens qui ont attaqué mais moi qui ai attaqué les Indiens…

LE MECANISME

Avant toutes choses, le projet étant volumineux, j'ai voulu m'assurer que ce que je pré fabriquais la nuit entre minuit et les couvertures avait une chance de se réaliser dans le concret. J'ai donc commencé par fabriquer un semblant de personnage articulé auquel j'ai appliqué mes supputations nocturnes accompagnées de tous mes espoirs.

Au bout de quelques jours j'avais un robot qui pagayait de façon rationnelle et j'étais content de constater que la nuit m'avait porté plus que conseil puisque ça fonctionnait. Fort de cette première expérience vous pourrez juger que le résultat final valait le coup d'amener le projet au stade terminal.

Malheureusement vous n'aurez pas par l'image le plaisir de voir cet indien et cette indienne pagayant et manœuvrant et c'est bien sûr dommage car en mouvement les poignets, les coudes, les épaules, tout semble articulé alors qu'un seul moteur et un seul servo animent chaque personnage. Je recherche toujours la simplicité car l'expérience m'a appris avec le temps que plus c'était compliqué plus il y avait de source de pannes, j'ai donc réduit tout à un embiellage de chaque côté qui rendent le mouvement et entraînent les impressions souhaitées. Seules les têtes fonctionnent séparément.

     
Le robot qui a permis de vérifier la bonne continuité du projet


LES PERSONNAGES

A partir de là, impossible de faire marche arrière. Après quelques lectures instructives et un tour sur le Net j'ai fait connaissance avec les Indiens et leurs coutumes. J'ai choisi l'Iroquois.

J'ai construit mes personnages comme d'habitude pour ceux qui connaissent mes précédentes réalisations, les deux dernières dans le style étant " Vaporette " et " L'Olonnois " (voir RCM). J'ai sculpté une tête en Plastiline et j'en ai tiré deux moules, un pour la nuque et un pour la face. Dans ces deux moules en creux j'ai tiré les deux pièces en tissu de verre et résine et je les ai ensuite raccordées. La tète étant creuse et légère j'ai gagné du poids dans les hauts et en pirogue, pour ceux qui ont fait du canoë il vaut mieux avoir un centre de gravité le plus bas possible, ou c'est le dessalage assuré. D'ores et déjà je pense que comme pour mes autres barques, aux essais je plomberai le fond pour assurer un bon équilibre.

Le corps des personnages est en balsa. Les bras sont fixés aux épaules par des chapes à rotules du commerce. Les coudes et les poignets sont articulés de la même façon. Les jambes ne sont articulées qu'aux genoux et aux chevilles, le réglage définitif interviendra quand j'aurai déterminé la hauteur exacte des bancs. Les mains ont été formées en Plastiline, pâte à modeler moderne et constamment réutilisable et j'ai fabriqué les moules en RTV, matière souple permettant le démoulage facile. Les mains et les pieds sont coulés en résine spéciale dite " de coulée ". La prise est rapide et les détails finement reproduits. Ces différents matériaux sont disponibles dans le commerce genre Rougier-Plé ou Senelier...

Afin de donner encore plus de vie au modèle chaque personnage est équipé d'un servo qui oriente la tête à droite et à gauche, ça plait toujours… Ce servo est fixé dans les fesses et une tige métallique fixée sur le palonnier du servo remonte dans le torse et dépasse les épaules. Dans le cou du personnage est fixée à demeure une bague avec vis d'arrêt et la tête devient solidaire du corps tout en restant démontable. Les cheveux sont façonnés dans de la filasse (plomberie) et teintés noir. Les nattes sont tressées dans le même matériau, elles sont souples et restent sur les épaules quand la tête tourne, c'est plus sympa. Les vêtements dans des tissus glanés à droite et à gauche et j'ai laissé à Madame le soin d'assembler les morceaux. Le résultat, c'est vous qui voyez…

Elle et lui!

LA PIROGUE ou LE CANOE? au choix

La construction est classique, en bois pour l'ossature et le bordé et tissu de verre résine pour l'étanchéité. Je souhaitai que l'on ne voit pas les lattes du bordé, les canoës étant souvent réalisés, pour l'étanchéité, en peaux de bêtes. J'ai trouvé ce plan sur le Net et je les extrapolé à 1,50m pour représenter une pirogue de 4,50m soit une échelle 1/3. Elle aurait mérité d'être plus longue mais il faut aussi penser au transport.

Je suis donc parti, comme le plan, d'un fond plat sur lequel j'ai collé les deux pointes avant et arrière qui doivent sans doute porter un nom mais que j'ignore. A ce sujet j'ai appris toujours sur le Net, que les pirogues indiennes étaient pointues dans les deux bouts pour permettre d'attaquer mais aussi de pouvoir se sauver, il suffisait de se retourner, rusés les indiens… Jai ensuite collé les membrures progressives qui donnent la forme élégante de ces embarcations. J'ai poursuivi en habillant le tout avec tout ce que j'ai trouvé comme chutes de baguettes sans me soucier du jointif puisque l'ensemble serait recouvert. Un chanfrein de résine chargée dans les endroits vitaux et une couche générale sur ce montage pour mettre définitivement à l'abri les bois de l'humidité. Un coup de papier de verre général et la carène est prête pour l'entoilage.

J'ai passé un tissu de verre sur l'ensemble de la carène, intérieur et extérieur, au moins c'était déjà étanche. Comme je n'avais pas de peaux de bisons sous la main c'est du tissu qui en a joué le rôle. Une peinture à l'eau indélébile, mélange d'ocre jaune et de terre de sienne, pour retrouver une couleur de cuir, a recouvert l'embarcation intérieur et extérieur. Le reste c'est de la déco et c'est inexplicable, on prend ce que l'on a sous la main et on fait avec. Le tout est recouvert d'un vernis transparent satiné pour donner un peu de gaité à la peinture à l'eau qui, elle, est mate.

LES PAGAIES.

Comme les différentes fixations du manche de la pagaie se trouvent entre les deux mains et que de l'autre il y a la pelle je ne pouvais pas la sortie d'un seul morceau. Pour faciliter le transport je les ai donc faites démontables dans leur centre. Le raccordement est assuré par un bout de tige filetée d'un côté et un écrou noyé de l'autre. Un bout de tube alu consolide le raccordement des deux parties. Les deux pelles des pagaies peuvent ainsi être démontées et transportées séparément.

Pirogue en cours de construction

 

ANIMATIONS ET RADIO

Le fonctionnement en radiocommande de la progression à l'aviron m'a causé de nombreux problèmes mais les années aidant et le nombre de modèles réalisés font que maintenant je maitrise assez bien le problème. Les effets recherchés avec ce canoë étaient d'avoir un indien à l'arrière qui pagaie à droite et une indienne à l'avant qui réalise les mêmes manœuvres, mais sur l'autre bord de façon à équilibrer la progression. Les deux personnages devaient regarder à droite et à gauche mais séparément tant pour le sens que pour le temps, donc 4 voies nécessaires, deux pour les pagaies et deux pour les têtes.

LE MECANISME

Le mouvement de rotation transmis du moteur à la pagaie est assuré par une corde à piano de 3m/m de diamètre qui coulisse en son centre dans une chape à rotule percée à 3m/m. L'emplacement exact est déterminé par des essais pour obtenir l'amplitude finale souhaitée. Les différentes tiges horizontales et verticales sont filetées à chaque bout de façon à peaufiner les réglages.

L'électronique et la motorisation
Le raccordement à angle droit de la corde à piano est usiné dans un carré d'alu percé et fileté horizontalement et verticalement. Les photos sont plus parlantes qu'un long discours. Pour faire court le mécanisme fonctionne comme l'embiellage d'une locomotive. L'ensemble mécanique radio est camouflé par un couvercle sur pieds, en fine tôle d'alu sur lequel j'ai collé et mis en forme une plaque de polystyrène sur la quelle j'ai appliqué et cousu un tissu rappelant une bâche. La peau de bête décorée qui recouvre le dessus est en vrai cuir provenance atelier de reliure mais posée du côté non travaillé pour garder l'aspect cuir brut.
Quelques tests dans le bassin d'un ami de façon à s'assurer que le gand bain ne sera pas le dernier et l'évolution sur l'étang des Cayennes à Cergy (au centre) sera un vrai plaisir

MISE A L'EAU ET ESSAIS

Je peux dire qu'à 90° le résultat était satisfaisant. La pagaie arrière par son poids fait qu'elle traîne un peu dans l'eau au retour et je devrai y remédier. Quelques manœuvres sur le bassin ont permis quelques belles photos et un petit film vidéo.

Ce modèle fait l'objet d'un article accompagné de photos détaillé dans le magazine RC Marine n° 223 de juin 2012 en vente chez MRM.